J'écoute : De la musique classique, encore et toujours... le coffret Nathan Milstein chez EMI : un pur moment de bonheur !
Je regarde : Des écrans, des livres, le délabrement de mon appartement.
Je lis : Des choses autour la littérature, des livres et une biographie de Georges Clemenceau.
Je joue : A Sherlock Holmes et à Freecell.
Je mange : Un peu trop en ce moment et les kilos superflus se voient. Mes pantalons ont du mal à fermer.
Je bois : Des boissons non alcolisées la plupart du temps. La plus grand quantité étant du thé.
Je cite : Les phrases qui m'intéressent dans ce que je lis quotidiennement.
Je pense : A la mort souvent, à la crise beaucoup en ce moment, peu au sexe et à l'amour.
Je rêve : Beaucoup et cela m'empêche de faire des nuits reposantes.
(mis à jour jeudi 4 mars 2010 à 20:58)

29/03/2008

29/03/08 - 22:44

Opéras

Bajazet Antonio VIVALDI
Salle Pleyel.

Europa Galante
Fabio Biondi : violon, direction
Christian Senn : baryton (Bajazet)
Vivica Genaux : mezzo-soprano (Irene) - un aperçu ci-dessous de ses performances
Romina Basso : mezzo-soprano (Tamerlano)
Maria Grazia Schiavo : soprano (Idaspe)
Marina de Liso : mezzo-soprano (Asteria)
Lucia Cirillo : mezzo-soprano (Andronico)


Qual guerriero in campo armato, chanté par Vivica Genaux

Evidemment, nous commençons tous par connaître Antonio VIVALDI par ses Quatre Saisons. Même après probablement 41 ans d'audition de cette oeuvre, je l'aime encore et ne m'en lasse pas. La version Fabio BIONDI est considérée comme la meilleure du disque ; j'avoue qu'elle me transporte vraiment.
J'ai donc décidé de voir ce maître violonniste diriger Europa Galante dans son interprétation de Bajazet à la salle Pleyel.
Je dois admettre m'être ridiculement trompé quand j'ai acheté ma place : je pensais que j'allais voir l'opéra et non une interprétation de concert. Et pourtant je connais Pleyel pour y avoir entendu Alfred Brendel dans un récital de Franz Schubert. La salle Pleyel n'offre pas de possibilités de présenter un opéra, j'aurais dû y penser.
Donc, cette soirée sans costumes et sans décors mais en formation complète aurait pu me faire regretter le prix du billet de spectacle. Point du tout et j'en arrive à regretter d'avoir boudé une Lulu d'Alban BERG à Bastille qui avait finalement était représentée en version concert à la suite d'une grève du personnel technique. Je m'étais fait rembourser mon billet et étais retourné chez moi, très déçu de ne pas voir cette oeuvre magnifique.

A propos de la soirée donc, j'ai apprécié d'entendre quatre mezzo-sopranos dont les voix sont très différentes. Une chanteuse a du coffre (Vivica Genaux), l'autre des graves profonds, l'autre de beaux aigus. C'est amusant de penser que les quatre chanteuses à la même tessiture peuvent chanter la même chose que leur partenaire dans cette oeuvre. Ce doit être une grande frustration d'attendre que l'une chante, alors que l'autre est capable de faire la même chose aussi bien, sinon mieux.
Je connaissais deux airs que je pense avoir entendu chantés (enregistrements chez Decca) par Teresa Berganza. Lors de la soirée de mardi dernier, le public a été enchanté par Vivica Genaux dans l'air Qual guerriero in campo armato, en revanche, je suis déçu de son air Sposa son disprezzeta l'un des plus beaux airs du répertoire baroque. Je préfère l'interprétation que je connais de Berganza, de Caballé ou de Bartoli. Mais c'est affaire de goûts... et de direction d'orchestre, bien sûr.


Sposa son disprezzeta, chanté par Cecilia Bartoli


Sposa son disprezzeta, chanté par Vivica Genaux

Pour conclure, j'ai passé une excellente soirée dont j'espère garder un très long souvenir.

******************************************************************************************

Wozzeck Alban BERG
Opéra Bastille.

Direction musicale Sylvain Cambreling
Mise en scène Christoph Marthaler
Décors et costumes Anna Viebrock
Lumières Olaf Winter
Chef des Choeurs Winfried Maczewski

Wozzeck : Simon Keenlyside
Tambourmajor : Jon Villars
Andres : David Kuebler
Hauptmann : Gerhard Siegel
Doktor : Roland Bracht
Marie : Angela Denoke
Margret : Ursula Hesse von den Steinen
Erster Handwerksbursch : Patrick Schramm
Zweiter Handwerksbursch : Igor Gnidii
Der Narr : John Graham-Hall

Orchestre et Choeurs de l’Opéra national de Paris
Maîtrise des Hauts-de-Seine/Choeur d’enfants de l’Opéra national de Paris

Au départ, il y a une pièce de théâtre de Georg Büchner qui s'appelle Woyzeck. J'avais acheté le livre dans la collection jaune de Reclam Verlag. Oeuvre incontournable, d'une noirceur terrible, qui marque à jamais l'esprit de celui qui l'a lue.
Est-ce par Georg Büchner que j'ai fait la connaissance d'Alban BERG ou est-ce le partage du même prénom que nous avons en commun qui m'a mis sur la voie de vouloir le connaître un peu mieux ?
Il y a aussi ce satané Doktor Faustus (Thomas Mann) que j'ai mis tant d'années à lire, dans lequel l'auteur parle de musique dodécaphonique.
Bien sûr, je suis un très grand adepte des oeuvres d'Alban BERG. Sa musique me touche, je la trouve belle, et c'est surtout le Sprechgesang qui me séduit dans son opéra Wozzeck.

La soirée d'hier, à l'opéra Bastille, était donc pour moi l'un des moments les plus attendus de ma vie musicale.

Le lieu est, quoiqu'on en dise, d'une très grande beauté. L'édifice est vraiment magnifique et l'acoustique y est exceptionnelle. La salle est très grande, mais le son est bien rendu. La formation musicale plutôt importante de l'orchestre de Sylvain Cambreling a réussi à entrer toute dans la fosse ; je ne pensais pas qu'il fallait autant de musiciens pour cet opéra.
Les chanteurs étaient très bons, un peu déçu par le Hauptmann et Margret mais très emballé par Marie et bien sûr le Wozzeck de Simon Keenlyside bien que je l'ai trouvé moins perturbé que je l'espérais. La diction des chanteurs, de très bonne qualité, rend très compréhensible l'oeuvre sans s'obliger à regarder constamment les sur-titres.

J'y retournerais bien volontiers pour m'en reprendre plein les oreilles et la vue, car la mise en scène, les décors sont, pour une fois, à la hauteur.

Ajout du 09 avril 2008 : je suis retourné voir WOZZECK lundi soir. Point de vue différent, j'étais cette fois-ci au parterre ; j'ai préféré ma place au premier balcon de la première fois, car je voyais mieux la fosse d'orchestre, qui est déjà un spectacle à elle seule. J'ai eu le sentiment que l'acoutisque était meilleure en étant plus en hauteur. Le Hauptmann s'est révélé franchement meilleur cette seconde fois et j'en suis vraiment très heureux. Légèrement anxieux par la réaction de la personne qui m'accompagnait : allait-elle aimer ou s'ennuyer fermement ?

* * * * * * * * * * * * * * * * * * *

Comment peut-on créer une atmosphère de film ?
Mais ce n'est pas la musique originale de Nosferatu :


Nosferatu Friedrich W. MURNAU, musique Alban BERG


Nosferatu Friedrich W. MURNAU, musique Alban BERG

26/03/2008

26/03/08 - 20:31

Car c'était la fête des Humbert hier...



Lolita Stanley KUBRICK

24/03/2008

24/03/08 - 19:40

Julia (2006) Erick ZONCA


Je viens de revoir Gloria de John Cassavetes pour comparer. Car on ne peut pas voir ce film sans penser à celui du génial Cassavetes.

L'actrice Tilda Swinton est absolument fabuleuse !
Le film est très prenant, violent malheureusement, mais d'une efficacité redoutable. J'avais déjà beaucoup aimé La Vie rêvée des Anges (performances d'actrices), mais là, Zonca a fait un film proche de la perfection dans le genre. Seule la fin abrupte déroute un peu, mais comment terminer un film de cette trempe ?!

22/03/2008

22/03/08 - 11:16

Car c'est sa fête aujourd'hui



Lea MASSARI

L'Avventura (1960) Michelangelo ANTONIONI

20/03/2008

20/03/08 - 21:00

L'Attentat (Yasmina KHADRA)

20/03/08 - 20:59

La Forme profonde (Denis LACHAUD)

20/03/08 - 18:26

The Darjeeling Limited (2007) Wes Anderson


Il y a une bonne trouvaille au début du film, puis cela part en une oeuvre poussive et bon chic bon genre. S'il y avait vraiment un scénario bien construit et un metteur en scène convaincant, je suppose que le film serait plaisant à voir.
Et pourtant, il y a de bons comédiens, de beaux acteurs, de beaux décors, une trame de fond qui n'est pas inintéressante. C'est un grand dommage, car The Darjeeling Limited est de ce genre de film qui promet beaucoup dans la bande annonce, mais qui s'effondre comme un soufflé dès que l'on voit l'oeuvre complète.
C'est très décevant. On se demande ce que viennent faire Bill Murray et Anjelica Huston dans cette galère.

17/03/2008

17/03/08 - 19:46

Dans la Vie (2008) Philippe FAUCON


16/03/2008

16/03/08 - 20:18

L'Heure d'Eté (2007) Olivier ASSAYAS

15/03/2008

15/03/08 - 10:37

Car c'est la fête de Louise.



Louise BOURGEOIS (1911-...)

1/ Grève au Centre Pompidou ce soir (20mars2008), donc je suis privé de visite nocturne. Mais j'essaie de ne jamais râler contre une grève.
2/ Dimanche 23 mars, nouvelle tentative, mais un billet acheté à 15:00 donne le droit de visiter l'exposition à 19:00. Nous avons abandonné le projet d'y aller ensemble.

Exposition au Centre Pompidou.

14/03/2008

14/03/08 - 20:30

Car c'est la fête de Mathilde.



Henri BEYLE, dit Stendhal (1783-1842)

13/03/2008

13/03/08 - 19:48

Car c'est la fête de Rodrigue.


Le Cid, Corneille

Acte I scène VI

DON RODRIGUE

Percé jusques au fond du coeur
D'une atteinte imprévue aussi bien que mortelle,
Misérable vengeur d'une juste querelle,
Et malheureux objet d'une injuste rigueur,
Je demeure immobile, et mon âme abattue
Cède au coup qui me tue.
Si près de voir mon feu récompensé,
Ô Dieu, l'étrange peine !
En cet affront mon père est l'offensé,
Et l'offenseur le père de Chimène !

Que je sens de rudes combats !
Contre mon propre honneur mon amour s'intéresse :
Il faut venger un père, et perdre une maitresse.
L'un m'anime le coeur, l'autre retient mon bras.
Réduit au triste choix ou de trahir ma flamme,
Ou de vivre en infâme,
Des deux côtés mon mal est infini.
Ô Dieu, l'étrange peine !
Paut-il laisser un affront impuni ?
Faut-il punir le père de Chimène ?

Père, maitresse, honneur, amour,
Noble et dure contrainte, aimable tyrannie,
Tous mes plaisirs sont morts, ou ma gloire ternie.
L'un me rend malheureux, l'autre indigne du jour.
Cher et cruel espoir d'une âme généreuse,
Mais ensemble amoureuse,
Digne ennemi de mon plus grand bonheur,
Fer qui cause ma peine,
M'es-tu donné pour venger mon honneur ?
M'es-tu donné pour perdre ma Chimène ?

Il vaut mieux courir au trépas.
Je dois à ma maitresse aussi bien qu'à mon père ;
J'attire en me vengeant sa haine et sa colère ;
J'attire ses mépris en ne me vengeant pas.
À mon plus doux espoir l'un me rend infidèle,
Et l'autre indigne d'elle.
Mon mal augmente à le vouloir guérir ;
Tout redouble ma peine.
Allons, mon âme ; et puisqu'il faut mourir,
Mourons du moins sans offenser Chimène.

Mourir sans tirer ma raison !
Rechercher un trépas si mortel à ma gloire !
Endurer que l'Espagne impute à ma mémoire
D'avoir mal soutenu l'honneur de ma maison !
Respecter un amour dont mon âme égarée
Voit la perte assurée !
N'écoutons plus ce penser suborneur,
Qui ne sert qu'à ma peine.
Allons, mon bras, sauvons du moins l'honneur,
Puisqu'après tout il faut perdre Chimène.

Oui, mon esprit s'était déçu.
Je dois tout à mon père avant qu'à ma maitresse :
Que je meure au combat, ou meure de tristesse,
Je rendrai mon sang pur comme je l'ai reçu.
Je m'accuse déjà de trop de négligence ;
Courons à la vengeance ;
Et tout honteux d'avoir tant balancé,
Ne soyons plus en peine,
Puisqu'aujourd'hui mon père est l'offensé,
Si l'offenseur est le père de Chimène.

Chanté par Henri Ledroit sur la musique de Marc Antoine Charpentier est un délice absolu.

09/03/2008

09/03/08 - 20:31

Be kind, rewind (2006) Michel GONDRY



Il faut aimer les blagues de potaches.

Après avoir été électrocuté (scènes vraiment très drôles de camouflage et d'aimantation), Jack Black efface toutes les bandes des cassettes VHS de la boutique de location vidéo. Cette boutique est située à l'endroit même où est né Fats Waller (1904-1943).
Afin de ne pas mécontenter les clients qui ne voient plus que de la "neige" sur leurs écrans dès qu'ils louent une cassette vidéo, Jack Black décide de refaire les films à sa manière.
Cela commence par le remake de Ghost Busters et continue par une suite ininterrompue de reprises de films cultes. Et malgré l'amateurisme et les moyens ridicules mis en oeuvre, les spectateurs affluent dans la boutique afin de voir ces objets originaux et dejantés.

On rit donc de bon coeur, car même si ce n'est pas de l'humour très fin, cela reste très sobre et non grivois.

Mais, car mais il y a, le film n'oublie pas que la vraie vie n'est pas faite que de bonté. Quand l'excellente Sigourney Weaver arrive dans le magasin de location vidéo pour réclamer les droits que doit verser celui qui utilise ne serait-ce qu'une ligne de scénario du film original et qui, acte scandaleux pour nous spectateurs soutenant le génie créateur de Jack Black, fait détruire par un bulldozer les cassettes VHS incriminées, nous comprenons aussi que Michel Gondry n'est pas déconnecté du système dans lequel on vit. Même si l'on fait exister tout un univers dans un quartier perdu et dans une boutique insalubre (que les promoteurs immobiliers rêvent de démolir pour installer à la place un édifice tout neuf et sans âme), la logique économique suit son cours. Cet antagonisme entre le rêve, l'art et l'argent ne tombe pas comme une douche froide dans le film, cependant il remet les pendules à l'heure.

Une mention spéciale à Jack Black, car son rôle est joué à la perfection, sans en faire des tonnes.

09/03/08 - 20:30

Mad Detective (2008) Johnnie To, Wai Ka-Fai

09/03/08 - 12:17

Maison Européenne de la Photographie (Ville de Paris)


Expositions en cours.
Ce ne sont pas les photographies que j'ai préférées, mais cela donne un aperçu du talent des photographes.
Shoji UEDA est celui qui m'a le plus intéressé. Jean-Christophe BALLOT continue le magnifique travail de Bernd et Hilla BECHER. A propos de la photo de Peter KNAPP, il s'agit d'une succession de photos de même taille montrant un homme, de l'enfance à la vieillesse, dans la même position couchée.


Jean-Christophe BALLOT


Jean-Christophe BALLOT


Edouard BOUBAT


Peter KNAPP


Shoji UEDA

06/03/2008

06/03/08 - 22:03

COLETTE (1873-1954)



" Comme mouches sur miel, ils s'empressent, s'agglutinent, se nourrissent... La comparaison n'est pas neuve, mais elle est inévitable, Tout me la suggère : l'heure de midi, la splendeur des journées d'automne, et la hâte, l'assiduité des lecteurs de plein air,
Le lieu de leur rendez-vous est ancien, beau, respecté. La rareté des passants rend lisible, aère ce carrefour qui accède à un théâtre célèbre, à un jardin, un palais qui furent royaux,
Le Louvre et ses plates-bandes, Rivoli et ses arcades, la Bourse et la Banque libèrent à midi le flot limité d'une foule laborieuse, qui prend en moins de deux heures son repas et sa récréation. Il me paraît bien qu'elle se soucie, encore plus qu'autrefois, de l'une au détriment de l'autre. Avenue de l'Opéra, une seconde librairie reçoit les mêmes hommages, et l'on m'assure que sous l'Odéon les courants de vents perfides ne découragent aucun passionné de lecture. Mais ici, dans mon voisinage, qui est aussi celui du Théâtre-Français, le miel d'appât, le livre, se répand comme débondé, s'offre aux mains, aux yeux avides. L'atlas ancien, gravé sur cuivre, où des Ecoles gonflent les îles et les dauphins jouent entre deux continents, opprime, de son poids équitable, Giraudoux et Victor Cherbuliez, Le « livre d'occasion », vieux avant l'âge, écorché et chaud, sa ficelle de brochage lui pendant au derrière, il est à vous, à moi, à tous. Mais laissez-le, comme je fais, à ceux qui ne l'achèteront pas, qui aujourd'hui lisent cinquante pages, demain autant, la fin du volume après-demain..."

Colette, De ma Fenêtre

Car c'est sa fête aujourd'hui et elle est l'un des écrivains pour lequel j'ai la plus grande admiration (c'est assez drôle d'ailleurs, car, lorsque j'étais enfant, sa coiffure frisée et volumineuse me la faisait comparer à une gorgone redoutable et me faisait très peur).

05/03/2008

05/03/08 - 20:40

Frankie Addams (Carson McCullers)





Toujours dans ma période littérature pour adolescentes.

A douze ans, Frankie Addams est à un moment clef de sa vie de petite fille. Elle sent que quelque événement lui tombera dessus ou plutôt elle décide de se prendre en main. Elle cherche plusieurs occasions ou moyens pour changer son ordinaire routinier. Elle a décidé de tomber amoureuse d'un mariage, elle fait la conquête d'un militaire qui voudrait bien profiter de la situation, elle fugue enfin.
Carson Mc Cullers (1917-1967) est considérée comme un grand écrivain aux Etats-Unis.


















02/03/2008

02/03/08 - 19:28

En vrac...

- J'ai rarement vu une telle file d'attente devant l'Arlequin. Sur la porte du cinéma il est conseillé de prépayer sa place avant d'aller voir le dernier Peter Greenaway. C'est vrai que seulement deux salles à Paris présentent le film. Il y a quelques années, le Greenaway aurait été montré peut-être dans une dizaine de salles. Le temps s'écoule et les programmateurs pensent que certains réalisateurs sont passés à la trappe. Je ne sais si La Ronde de Nuit aura du succès, mais en tout cas il y a du monde qui se déplace pour voir le film. C'est déjà ça...

- Etre poussé par un tiers à sortir de chez soi pour voir deux expositions à l'Hôtel de Ville est une bien belle idée. Voir des photos anciennes, en couleur, de Paris, c'est très rare. Belle exposition. Certaines photos de Paris La Métisse étaient aussi vraiment très belles. C'est probablement ça être Parisien : avoir besoin du métissage pour se sentir en bonne compagnie.

- Le président Nicolas Sarkozy dépasse en tout ce que je redoutais chez lui. Avant, les gens manifestaient dans la rue, maintenant la rue est remplacée par Internet. En hiver il y fait moins froid et il ne pleut pas. Nous avons tous le président que nous méritons ; même ceux qui ont voté contre lui ou pour un autre candidat. Nous aurions déjà dû lui mener une vie intenable quand il était ministre de l'Intérieur ou de l'Economie. Nous avons pris beaucoup trop de retard sur lui pour le rattraper dans sa démesure. Nous en payons actuellement les pots cassés. Et c'est loin d'être fini.

- Vu deux films dont Pier Paolo Pasolini est le scénariste. Ostia (1970) de Sergio CITTI et Une Vie Violente (1962) de Paolo HEUSCH et Brunello RONDI. C'est un coup de massue pour moi. Cela me fait toujours rire de lire en début d'année dans la presse : " Le meilleur film de l'année, le meilleur du réalisateur, jubilatoire, etc ".
Il suffit de voir quelquefois des vieux films et de se demander comment ils seraient vus par les médias actuels en regard de nombreux nanars qui viennent de sortir. Il faut bien flatter celui qui vous nourrit pour vivre... Un peu comme les vieux amants qui vous disent que vous êtes le plus beau, le meilleur, le plus intelligent pour vous mettre plus facilement dans leur lit.

- J'ai revu avec plaisir deux films de Luis Bunuel Belle de Jour et Le Journal d'une Femme de Chambre. Catherine Deneuve et Jeanne Moreau jouent leur rôle à la perfection. Fausse ingénue pleine de fantasmes pour l'une, servante irréprochable pour l'autre. Je ne relirai certainement jamais Le Journal d'une Femme de Chambre d'Octave Mirbeau que j'avais pourtant beaucoup aimé. C'est quelquefois dommage de ne pas avoir le courage de relire des livres que l'on a beaucoup appréciés jadis. Les hommages nombreux que reçoit depuis quelques temps Jeanne Moreau me font craindre pour sa vie. Va-t-elle bientôt nous quitter ?

- Vu Miss Daisy et son Chauffeur (1989) Bruce BERESFORD, à la télévision. C'est un film efficace et beau, mais j'ai vu la version doublée en français. J'adore Suzanne Flon, malheureusement quand elle prête sa voix à Miss Daisy, ce n'est pas une réussite.

- Enfin, j'ouvre une quantité de livres vertigineuse pour les refermer ensuite faute de plaisir à continuer leur lecture. Je suis à la recherche de quelque chose, mais je ne parviens pas à y arriver. Il faudrait que je me concentre sur une chose à faire à la fois et éviter de m'éparpiller.

Ecrit le 15 février 2008 :

Hier j'ai vécu des choses qui sortent bien sûr de mon ordinaire.
J'ai accompagné une fillette magnifique à l'école, même s'il n'y avait que cent mètres à faire de chez elle à l'école, je trouvais cela très charmant.
Puis, j'ai pris la route de Saint-Malo à Nantes pour assister aux obsèques de mon grand-père. Occasion de retrouver la famille et de découvrir des cousins jusqu'à présent inconnus de moi.
J'ai vu le soleil se lever dans la campagne bretonne, les champs pleins de givre, la brume légère.
J'ai assisté, avec les personnes présentes, à un service religieux dirigé par un prêtre jeune et charmant, dans une tenue ecclésiastique pour le moins flashy dont je ne peux malheureusement pas donner la couleur en raison de mon daltonisme sévère. Voir ses jeans sous sa robe m'a attendri, son petit bouc, ses lunettes et ses yeux clairs m'ont plu.
Le pauvre curé ! Faire une messe quand quatre vingt pour cent de l'assistance est athée ou juive, cela n'aide pas à animer le service religieux. En cela, je pense avoir vécu le plus terne de tous ceux auxquels j'ai participés.
Mon grand-père étant un héros de la Seconde Guerre mondiale, il avait droit à quatre porte-drapeaux dont trois avaient une cravate (je n'ai pas compris pourquoi le quatrième n'en avait pas). Le drapeau français recouvrait le cercueil sur lequel était disposé un coussin avec ses décorations, dont une avec une Croix de Lorraine.
Une fois sortis de l'église, nous étions conviés au pot de l'amitié habituel. La femme du défunt nous a montré une photo de lui à quarante et un ans. Ce monsieur a toujours été bel homme, même les quatre vingt ans passés. Je comprends qu'elle ait craqué pour lui lorsqu'ils se sont rencontrés il y a bien longtemps. D'autant plus qu'ils ont dû se rencontrer quand mon grand-père était encore militaire dans la marine. Le prestige de l'uniforme...
La crémation s'est déroulée à Nantes, cette bonne ville que j'ai tant regrettée d'avoir quitté en 1981. Je me souvenais d'une cérémonie plus terrible au père Lachaise où nous avions vu le cercueil entrer dans les flammes. Cela m'avait bouleversé. A Nantes, un rideau nous a épargné cette vue infernale et quasi insupportable pour ceux qui ont aimé le trépassé.
Les cendres ont été répandues dans la Rance pour rejoindre la mer près de laquelle naquit le défunt. Il a flotté et maintenant il a coulé. Il était capitaine de son enveloppe charnelle, il n'a pas quitté son vaisseau au dernier moment en sombrant avec lui.

 

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